Passé

Fusillade Nationale
Jusqu'au 14 octobre 2018

Fusillade Nationale

Dans ‘Fusillade Nationale’, la cinquième exposition de La Maison Spilliaert, le commissaire extérieur Patrick Florizoone promène son regard en libre association sur l’oeuvre de Léon Spilliaert. A travers divers ensembles de nombreux thèmes s’imposent qui lient l’oeuvre de Spilliaert à Ostende, à ses contemporains comme James Ensor et Hans Arp, mais également aux artistes d’aujourd’hui comme John Baldessari et Gerhard Richter. Dans la deuxième partie de l’exposition le commissaire vous invite à entrer en dialogue avec Léon Spilliaert au moyen d’une installation expérimentale et de créer une nouvelle histoire en images.

Avec les œuvres de John Baldessari, Giulio Paolini, Raoul De Keyser, Rineke Dijkstra, Gerhard Richter, James Ensor, Cindy Sherman, Ed Ruscha, Hans Arp, Edvard Munch et Léon Spilliaert

Promenade. Une interpretation de Leon Spilliaert & Ostende
29/04/2018 - 20/05/2018

Tous bienvenu à partir du 29/04 à 20/05  à l’exposition ‘Promenade. Une interpretation de Leon Spilliaert & Ostende’ par le photographe Daniel de Kievith.

Visite gratuite pendant le weekend.

Le photographe Daniël de Kievith cherche la quintessence de la vision et de l’esprit de Léon Spilliaert. Dans sa quête, il trouve – comme le maître – l’intemporalité de la nature et la vitalité de la ville. Le photographe ne se laisse pas tenter par des interprétations faciles de l’œuvre du grand maître et actualise l’imagerie et le langage visuel. Lors de ses recherches il capte «l’instant Spilliaert», le passage de la lumière vers l’obscurité, entre le soleil et la lune, entre le clair et le noir profond, entre le regard et la perception, entre le savoir et le mystère, entre la raison et le rêve. Comme Spilliaert, Daniel est un enfant de la mer et leurs spiritualités se retrouvent dans les vues de mer, les vues de plage et les vues urbaines. Comme Spilliaert, le photographe glisse vers une abstraction subtile, il nous mène vers des images apparemment non-figuratives pleines de lumière et de couleur où le spectateur attentif redécouvrira finalement un fragment de réalité marine. Comme Spilliaert, il n’est pas tenté d’éclipser la figuration au profit facile d’un motif décoratif à la mode, mais au contraire il conserve la poésie et le respect du rayonnement de la nature. Daniël de Kievith ne désire pas se mesurer à Spilliaert, mais il s’inspire de son œuvre et explore les possibilités créatives de son propre médium. Le résultat est un bel ensemble fini d’images que vous pouvez découvrir à La Maison Spilliaert.

Texte: John Devos, Professeur d’histoire de la photographie, de la cinématographie et de l’art, LUCA School of Arts – Narafi

Femmes de pêcheur et baigneuses, les reines d’Ostende.
19 novembre 2016 – 17 avril 2017

Dans cette exposition, la MAISON SPILLIAERT, renoue avec la principale source d’inspiration de Léon Spilliaert, la ville d’Ostende et ses habitants. Si marines et vues de ville sont des sujets qu’il interprète avec sensibilité, Léon Spilliaert laisse également errer son regard sur les êtres humains qui peuplent cette ville portuaire et balnéaire.

La présentation d’une trentaine d’œuvres, toutes en provenance de collections particulières, choisies par le curateur Anne Adriaens-Pannier, veut esquisser une image saisissante et nuancée des braves femmes de pêcheur et des baigneuses élégantes.

Jour après jour, les femmes de pêcheur, vêtues de longues jupes noires, un gros châle plié sur les épaules, prennent une part active dans l’industrie de la pêche.  Debout sur le rivage, scrutant l’horizon du chenal à l’orée du jour, elles représentent l’attente éternelle du retour. Le panier vide balançant à bout de bras elles papotent sur les quais déserts, se réjouissant de l’abondance de la pêche qu’elles recommanderont de leur voix stridente aux bonnes bourgeoises. 
Leurs simples et humbles tâches ont de la valeur comme celle de raccommoder les filets ou récolter le fourrage pour les animaux domestiques. Dans les traits des jeunes filles Spilliaert devine des origines exotiques et une certaine mélancolie.  Il accuse dans les traits de visage des vieilles l’usure du temps et la déchéance qu’entraîne la vieillesse.

Une joie de vivre et une insouciante liberté caractérisent les figures éthérées des baigneuses qui se prêtent aux jeux des vagues de la mer. Elles appartiennent à un autre monde. Silhouette minuscule bravant la mer, nymphe dansante sur la houle ou orante agenouillée recherchant une symbiose parfaite avec l’élément naturel. Pour l’artiste la figure de la baigneuse est un prétexte pour approfondir sa connaissance du nu féminin qu’il décline dans toutes ses courbes élégantes et sinueuses.

La réalisation technique des œuvres et l’emploi de matières diverses évoluent au long des années. L’artiste abandonne les voiles transparents ou opaques d’encre de Chine qui dissimulent les formes féminines mystérieuses de ses débuts, pour une exécution plus en matière, lors de l’élaboration de compositions où les figures monumentales s’imposent à l’avant plan. Les supports papiers sont alors remplacés par des cartons aux surfaces rugueuses. Les crayons de couleur cèdent la place aux craies de couleurs saturées qui traduisent avec plus d’expression le mouvement du geste pictural. Au début des années vingt, l’aquarelle transparente et spontanée s’impose pour les créations de son imaginaire pleines de fantaisie et d’humour.

Dans chacune de ses interprétations originales et personnelles d’un sujet emprunté au coeur de la vie, l’artiste suscite notre admiration. Son analyse humble et respectueuse de ces figures féminines, si peu importantes dans le monde soient-elles, crée des images intemporelles qui portent toute la poésie de l’inexprimable. 
Anne Adriaens – Pannier, 2016

Maree haute, maree basse. Marines et perspectives de digue et de plage.
10/06/2017 - 09/10/2017

La troisième exposition à la MAISON SPILLIAERT, se concentre cet été sur l’univers de l’élément de la nature qui domine entièrement la vie et l’âme de la ville d’Ostende. Les paysages de mer déclinés dans leur puissante et changeante atmosphère sont le sujet principal de cette exposition. Ils permettent d’approfondir la connaissance de cet aspect thématique de l’œuvre pour lequel Léon Spilliaert est si connu.
L’exposition Marée haute, marée basse présente un bel ensemble de vues de mer, source d’inspiration de toute sa vie créatrice. Il permet d’arrêter le regard sur la poésie de l’élément sauvage de la mer mais aussi sur les poèmes architecturaux d’offrent les perspectives de digue et de plage, son environnement domestiqué.

Marine

Jeune homme, en quête de réponses aux questions existentielles de vie, Spilliaert découvre dans la mer un miroir qui intègre, exprime ses états d’âmes et en même temps lui offre une liberté mentale. Il réalise les premières petites marines poétiques au pastel légèrement coloré et module en touches informelles l’atmosphère de la lumière. Il atteint ainsi un haut degré de pouvoir suggestif. Quand, vers 1907, il désire augmenter l’intensité de l’image il marque plus nettement la ligne d’horizon. Les marines nocturnes, exécutées en superposant des voiles transparents d’encre de Chine, introduisent l’assombrissement des couleurs et soulignent un pouvoir mystérieux hautement symbolique. L’eau, les vagues, les courants, les nuages et la lumière sont utilisés pour exprimer le repos, la vie, le mouvement et les tourments. Cependant les compositions restent d’une extrême simplicité. Le regard est borné horizontalement par une sorte de cadrage photographique. Spilliaert n’opte pas pour une description visuelle analytique de l’élément naturel ou pour une approche panoramique. En dépit de cette restriction chaque marine décline une sensation du profond et grand large.

Brillante trace lumineuse, le sillage fend l’eau sombre et capte la lumière reflétée. Subtilement sinueuse à partir de la ligne de la marée haute, la vague prend possession d’un haut-fond et dessine une forme organique quasi abstraite sur la plage. Abandonnant au cours des années, chaque référence à la réalité anecdotique, Spilliaert se concentre davantage sur le jeu complémentaire des surfaces colorées et des lignes décoratives. Les couleurs subissent un processus d’épuration. Les tons témoignent en quelque sorte d’une déminéralisation des pigments.

Dans les marines des années 1920, Spilliaert renoue avec l’agencement classique de ses premières marines. La représentation du reflet des taches lumineuses et des nuages à la surface des eaux constitue le sujet principal. Une unité organique s’installe, plage et mer sont réunies en une symbiose chromatique. Spilliaert emploie dorénavant une technique plus couvrante. En dehors de l’aquarelle rehaussée de pastel également la gouache mélangée à de la caséine pour obtenir une surface plus mate. Au milieu des années vingt il peint quelques marines très expressives à l’huile saturée.

Perspectives de digue et de plage

En partant des constructions monumentales autour de la digue, comme les galeries royales et la villa royale, le kursaal mais également le phare Spilliaert recrée, vers 1908-1909, des entités spatiales qui transcendent leur référence à la réalité. Son regard embrasse la cabine sur la plage mais aussi les arches massives de la digue. Il rend l’aspiration inquiétante des rues grimpant jusqu’à la digue et l’impression de perspective sans fin des galeries royales. Il crée dans le paysage une nouvelle ordonnance qu’il module en deux versions. La courbe dynamique linéaire répond à la courbe sinueuse de la digue et à la vision resserrée du bâtiment circulaire du Kursaal. Spilliaert manie la diagonale et la ligne droite avec un même sens dramatique. Dans un jeu de lignes convergentes vers un point de fuite l’estacade surgit dans la nuit. L’impression de profondeur vertigineuse est développée dans une vision rigoureusement rectiligne des colonnes noires des galeries en contraste avec le plan lumineux de la plage.

La recherche de simplification de la composition sous-entend chez Spilliaert la poursuite de dénuement. C’est plutôt comme un point de départ pour l’expression d’une expérience métaphysique. Même quand il introduit une épuration extrême dans les oeuvres de cette période jamais il ne ressent le besoin de mettre en doute les valeurs du langage plastique traditionnel. Ses expérimentations avec la ligne droite et les perspectives rigoureuses furent cependant bien un exemple unique de renouvellement formel à cette époque.

Rencontres avec Spilliaert
07/05/2016 - 09/10/2016

Rencontres avec Spilliaert
Cette exposition montre une sélection unique d’œuvres clefs en provenance de collections particulières belges, rassemblées par Anne Adriaens-Pannier, conservateur honoraire des MRBAB, Bruxelles.
Cet ensemble présenté dans un accrochage confrontant et judicieux veut susciter une rencontre personnelle avec l’artiste et son œuvre. Sans l’aide et le soutien généreux de la famille de l’artiste, à qui nous exprimons notre sincère gratitude, la maison Spilliaert ne pourrait connaître un avenir prometteur et une production enrichissante.

Léon SPILLIAERT (Ostende 1881-Bruxelles 1946)

1881-1904 :

Léon Spilliaert nait à Ostende le 28 juillet 1881. Son père a un commerce florissant de parfums et d’articles de luxe. Après un très bref passage à l’académie de Bruges, Spilliaert offre ses services à l’éditeur bruxellois Edmond Deman. Il réalise des illustrations dans les éditions originales de Maurice Maeterlinck et de Emile Verhaeren. Chaque année il visite avec son père les salons d’art de Paris.

1904-1909 :

Insomniaque, il entreprend de longues promenades nocturnes et la présence dominante de la mer inspire de sobres lavis d’encre de Chine. La maison familiale et l’atmosphère mystérieuse qui y règne, deviennent le sujet de compositions intrigantes, comme La verrière et Les Flacons.

En 1909, après deux années d’introspection intense qui donne vie à une série importante d’autoportraits, Spilliaert expose pour la première fois au Salon du Printemps à Bruxelles. Emile Verhaeren, Paul-Emile Janson et Stefan Zweig lui achètent des œuvres.

1909-1915 :

Captant la vie fugace, il rend d’une manière stylisée la rude vie des femmes de pêcheurs et de leurs antipodes, les élégantes baigneuses. Il fuit la violence de la guerre en développant des thématiques riches en images de fantaisie parfois nourries par la bible.

1915-1922 :

Sa vie privée connaît un grand changement. Il épouse, fin 1916, la jeune Rachel Vergison, de douze ans sa cadette. Leur fille unique, Madeleine, nait en 1917 à Bruxelles, où la famille s’est établie. Soutenu par divers galeristes et collectionneurs de Bruxelles, le style de Spilliaert connaît une grande évolution. Sa palette s’enrichit de couleurs, il s’essaie à la peinture à l’huile. Son inépuisable imagination est à la base de nombreuses aquarelles et gouaches à la sensibilité très poétique. A deux reprises, il est invité à la Biennale de Venise en 1920 et 1922.

1922-1935 :

De retour à Ostende, il se lie d’une belle amitié avec James Ensor, basée sur un respect et une admiration mutuelle. Il renoue le lien intense avec la mer qui résulte en de vibrantes marines aux couleurs vives, proches de l’abstraction. La gouache couvrante qu’il emploie, se prête à des compositions plus structurées des vues de la ville et du port. En 1932, il fait un voyage en Italie et séjourne à Venise et à Florence.

1935-1946 :

Spilliaert, qui, depuis 1935, est retourné vivre à Bruxelles, pour permettre à sa fille Madeleine de poursuivre sa formation de pianiste, découvre avec plaisir les parcs et les forêts entourant la capitale. La thématique de l’arbre s’installe et il la décline soigneusement à la plume et à l’encre de Chine sur fond transparent d’aquarelle claire. Ses lectures des mystiques du moyen-âge et des poètes latins lui inspirent de nombreuses images proche de la nature. Il décède à l’âge de soixante-cinq ans en novembre 1946 et sera inhumé à Ostende.